AMBASSADE DE FRANCE AU TCHAD : LA HONTE ABSOLUE OU LA FABLE DU « VOLEUR VOLÉ »
07 juil. 2024En séjour à N’Djamena au Tchad de 2005 à 2013 à titre privé, ancien membre et secrétaire du bureau de l’association Union des Français de l’Etranger au Tchad (UFE Tchad) et toujours membre de l’association UFE Monde dont relève l’UFE Tchad à Paris (https://ufe.org/presentation/), je réagi par cet article à la publication par LE SAHEL, le 17 Juin, de cette demande de l’ambassade de France à N’Djamena « d’assistance de la force publique » auprès de la Présidence de la République du Tchad pour « mettre (un) terme au conflit relatif à une tentative de spoliation par un particulier de la villa « Madinina » … propriété de l’ambassade de France…
Sur cette situation de « squatters » et d’atteinte à la propriété privée que nul ne songerait à encourager ni à soutenir, c’est un rappel urgent de souligner qu’en s’attachant ainsi à défendre ses biens immobiliers, l’ambassade de France devrait aussi et d’abord comme on dit « balayer devant sa porte » …
Il est en effet intolérable à ce jour de constater que l’ambassade de France sait faire appel à l’Etat Tchadien pour récupérer une propriété squattée, quand elle est elle-même l’auteur d’une spoliation de propriété dite TF N°1011 au préjudice de l’UFE Tchad, dénoncée et revendiquée depuis 20 ans… Une ignominie absolue, l’expression « scandale d’Etat » étant dépassée depuis des lustres.
Quelques explications sur cette fable contemporaine du « voleur volé » :
L’ambassade de France est en effet l’auteur, le « voleur » au plein sens du terme, d’un bien immobilier situé à N’Djamena dans une zone résidentielle (aujourd’hui la « Boulangerie Amandine »), estimé à 2 millions d’Euros, avec des loyers annuels conséquents (40.000 Euros) détournés de son légitime propriétaire l’UFE Tchad par l’ambassade de France pour environ 800.000 Euros depuis 2005.
Depuis mon séjour au Tchad je reste très attentif et engagé pour la restitution par l’ambassade de France à N’Djamena de ce bien spolié à l’Union des Français de l’Etranger au Tchad TF N° 1011 en 2003/2005 avec la complicité à l’époque du Conservateur des Domaines et de la Conservation foncière au Tchad, et dont les loyers sont captés par recel par l’Association des Parents d’Elèves du Lycée français Montaigne, en contrat de bail illicite avec l’ambassade de France à N’Djamena.
Pour comprendre cette affaire délictuelle bien vouloir lire la pétition : « Justice pour l’UFE Monde au Tchad - Biens spoliés en 2003/2005 par l’Ambassade de France »
https://chng.it/82ycWRQ7G5 lancée en 2020, et les « Mises à jour » en bas de page, qui retracent l’évolution du dossier depuis 2005.
Sinon prendre connaissance de ma lettre en date du 12 Mars 2024 adressée à
M Franck RIESTER, Ministre délégué au commerce extérieur, à l’attractivité, à la francophonie et aux Français de l’étranger, à Paris, https://drive.google.com/file/d/1Cvab0CSLwQb88mlEaClB-e9Er-EyCgft/view?usp=sharing
alors que devait se tenir le 16 Mars 2024 l’Assemblée générale annuelle de l’association UFE Monde à Paris, dont relève la Représentation de l’UFE Tchad à N’Djamena. Assemblée générale et où la Directrice adjointe de cabinet du Ministre, Mme Anna MARTINS, « invitée d’honneur », devait intervenir.
Dans cette lettre, après rappel et exposé des faits de spoliation de propriété, je demandais en conclusion que Mme Anna MARTINS puisse lors de son intervention « acter de la restitution de sa propriété immobilière à l’UFE Tchad »…
Par un effet exceptionnel, fait rarissime et sans plus d’explication devant une association représentant les Français de l’étranger, dont ce ministère est en charge, Mme Anna MARTINS a choisi en 48 heures d’être finalement absente de l’Assemblée générale, montrant ainsi la responsabilité flagrante de l’ambassade à N’Djamena et du ministère dans cette spoliation de propriété envers l’UFE Tchad.
A la suite de cette dérobade, le Président de l’UFE Monde, M Alain-Pierre MIGNON, annoncera un prochain rendez-vous avec le Ministre M Franck RIESTER pour évoquer cette question. Cet entretien a bien eu lieu le 09 Avril, soit 23 jours après l’Assemblée générale, au cours duquel le Ministre dira ne « rien connaître de ce dossier » et demander « un dossier complet afin qu’il puisse analyser la situation »… Alors que cette affaire de spoliation de propriété dure depuis 20 ans et que les services du ministère y sont étroitement mêlés… Les « Hauts Fonctionnaires » du ministère sont toujours à la recherche du dossier. Plus faux que cela semble difficile !
Plus surprenant encore, le Ministre, M Franck RIESTER, en visite officielle au Tchad les 22 et 23 Mai 2024 pour la cérémonie d’investiture du Président Mahamat Idriss Deby Itno, Président élu de la 5° République du Tchad, n’aura pas un mot envers les membres du bureau de l’association UFE Tchad victimes de cette spoliation de propriété…
Ces dernières réactions s’inscrivent dans le droit fil de la condescendance, du mépris, de la manipulation et du refus de réponse ou de tout échange loyal qui caractérisent la posture du MAE et de l’ambassade de France au Tchad depuis 2003/2005 envers la réclamation de l’UFE Tchad.
Il serait trop long ici de rappeler les multiples demandes amiables et recours judiciaires de l’UFE Tchad (malheureusement suspendu…) adressés à l’ambassade de France à N’Djamena pour la restitution du TF N°1011, suite à cette spoliation de propriété, dont l’auteur principal est bien l’ambassade de France, qui ne détient sur cette propriété aucun titre ou acte notarié attestant d’en être propriétaire, si ce n’est des documents falsifiés !
Ces faits et épisodes précis se retrouvent dans la « Pétition » sus évoquée et ses « mises à jour », ainsi que dans la lettre au Ministre, M Franck RIESTER.
Pour autant, l’injustice, le dédain, l’humiliation vécus et ressentis par les membres de l’UFE ne sont pas une fatalité !
20 ANS de spoliation de sa propriété et de détournement des loyers par l’ambassade de France, le Lycée Montaigne et l’Association des Parents d’Elèves pour l’UFE Tchad ça suffit !
Pour récupérer ses biens l’UFE Tchad et ses membres sont à la croisée des chemins entre l’honneur, le courage, et la reprise d’un recours judiciaire en assignant l’ambassade de France au Tchad, comme en 2013, ou leur effacement dans la soumission à l’épouvantail d’une puissance publique dont la représentation au Tchad, l’ambassade de France, n’est surtout pas sur cette affaire de spoliation de propriété dans le respect des droits, de la justice, de la protection des personnes et des biens, et de l’équité qu’elle se doit à l’égard des Français à l’étranger.
Des droits et principes qui sont bafoués et piétinés envers l’UFE Tchad depuis 2003
En prévention de ce recours judiciaire, il existe pour l’ambassade de France une démarche simple rappelée au Ministre M Franck RIESTER, et proposée depuis le 19 Juillet 2013 par Me DELABRIERE, avocat à Paris pour l’UFE Tchad, consistant en une « simple intervention des services de l’Etat français auprès de la Direction des Domaines et de la Conservation du Tchad suffisant à régler cette question »… Une lettre restée (aussi) sans réponse du ministère…
https://drive.google.com/file/d/0B7ZwDB9gvZ0tTEgxZ05CYkFXeHdFX2hfWWV1UUpZUTlFTE1F/view?usp=sharing
Après la vraie fausse reconnaissance de propriété de l’UFE Tchad par le précédent ambassadeur de France au Tchad, M Bertrand COCHERY, lors d’une réunion à l’ambassade de France le 24 Mars 2022 entre l’ambassade et l’UFE Tchad à la Chancellerie, et de suite reniée, souhaitons que son successeur, l’actuel ambassadeur de France au Tchad, M Eric GERARD, puisse s’en inspirer.
Gérard ROBINEAU
Ancien membre de l’UFE Tchad
Membre de l’UFE Monde