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JBM (Jean B. Manga)
JBM (Jean B. Manga)

AU DELÀ DE LA NAÏVETÉ, LA CUPIDITÉ, LA PAUVRETÉ ET LA MISÈRE NOUS POUSSENT À DES PIRES COMPROMISSIONS

Quand on veut se prononcer sur des questions importantes qui engagent la vie de toute une Nation, on nous traite d’ennemie de la paix ou de nous ingérer dans les problèmes "politiques politiciens", mais il est parfois difficile de se taire. Je vais m'exprimer encore et toujours sur ce qui se passe dans notre pays.

Premièrement, j'ai un peu rigolé quand je lisais sur les réseaux sociaux que les artistes tchadiens "de la Place de la Nation", comme aime les appeler quelqu'un, qui ont accepté de prester à la "ré-intronisation" du Président de la République du Tchad "réélu" et qui se sont fait rouler dans la farine, comme d'habitude, par les experts "Boulangers de la République", après leur prestation et ont eu quand même le courage d'organiser une Conférence de Presse pour dénoncer "le mauvais traitement" par les organisateurs, comme si, une seule fois, dans ces genres de chose, on les a pris au sérieux et mieux traités. Parfois, il faut les comprendre, mais que vaut l'honneur quand il faut se ridiculiser jusqu'à ce niveau, juste pour la survie?

Quand un artiste, après s'être rôti au soleil durant toute une journée avec son groupe, se voit proposer 20 ou 25 mille francs CFA comme récompense, je ne sais pas s'il (cet artiste) prend le temps de le lire dans la tête de celui qui lui propose cet insultant montant. Et le comble, c'est que quand vous prenez la peine de vous plaindre, le chantage du Ministère de tutelle est qu'on ne vous programmera pas à la prochaine occasion. Et puis on se tait, en attendant la prochaine occasion. S'ils étaient engagés dans leur art, je crois qu'ils auraient écouté un peu le gémissement du bas peuple avant de se livrer à de telles spectacles ridicules.

Deuxièmement, avant les présidentielles et surtout après les résultats concoctés pour le coup KO, beaucoup se sont livrés à des spectacles et des gesticulations fébriles, souvent par médias interposés, allant des prétendus candidats de l'opposition aux présidentielles, en passant par certains "doungourou" et d'autres anonymes de l'intérieur et de la diapora, soit pour monnayer une déclaration ou un ralliement tous azimuts en faveur du Candidat de "Coups KO", soit dans l'espoir de se voir offrir un poste ministériel. Mais, après l'installation, j'allais dire la "ré-intronisation", où certains ont pris part, bien habillés en costumes-cravates, rivalisant de charme et d'ardeur pour l'occupation des premières places lors de la cérémonie, pour être bien vus.

Celles ou ceux-là, après la formation du Gouvernement, beaucoup ont commencé à désenchanter. Et le comble du ridicule, c'est que ceux-là, ou du moins, certains, d'entre eux, auraient même été menacés par les "démarcheurs au ralliement" lorsqu'ils tentaient de réclamer le reliquat du prix de la traîtrise.

Ce qui a, le plus attiré mon attention, c'est que parmi ces personnes, en dehors du père de Zouhoura qui a participé activement au coup KO par son désistement, j'ai cru entendre ou lire un nom qui résonne comme celui d'un fils ou d'un proche du Professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu lors des évènement du 2 février 2008, et ce, dans l'une des publications de Makaila Nguebla, si je ne trompe pas.

Je ne me crois pas en train de rêver debout, mais si cela s'avère vrai, comment pouvons-nous atteindre ce niveau de compromission jusqu'à sacrifier la justice de nos parents, nos enfants et nos proches, contribuer à tuer la vérité sur leur funeste sort, juste parce qu'on veut une ascension sociale, changer de vie, vivre mieux? Avons-nous vraiment des informations sur nos compatriotes qui ont, de bonne foi, rallié ou tenté de faire la paix avec ce régime, mais ont fini par être liquidés ou contraints à reprendre le chemin de l'exil, après trahison? Combien de dialogues, sous toutes les formes et avec tous les noms possibles, n'avons pas eu dans ce pays, mais dont les résolutions n'ont, soit pas été appliquées à la lettre ou, soit simplement bafouées par la mauvaise foi de ce régime?

Et dire qu'avec ces événements factuels récents et très illustratifs, qui ne sont pas les premiers et ne seraient pas les derniers, on croit quand même à la bonne foi du régime pour parler déjà de dialogue inclusif? En tout cas, je reste et demeure très sceptique.

Je crois que la logique est bien connue du régime: exploiter notre pauvreté ou notre misère, parfois imposée, ou explorer notre goût pour l'ascension sociale rapide, par tous les moyens, pour nous tendre des pièges. Une fois dans le piège, il se frotte les mains et, de votre côté, la honte d'un retour élégant vers votre point de départ, vers celles ou ceux que vous venez de trahir "pour aller manger" vous enlise. Vous perdez donc des deux côtés, parce qu'il est clair que qui a trahit, trahira.

SCE: JBM

Tag(s) : #Société, #Politique, #Tchad

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